Évacués du collège de Kwalé, les exilés laissés pour compte en bord de route

Après avoir été évacuées du collège de Kwalé par la préfecture, lundi 3 février, plus de 300 personnes se retrouvent, ce mardi, dans la rue sans solutions. Entre Passamaïnty et Tsoundzou 2, hommes et femmes tentent de dormir le long de la route en y construisant à la va-vite des abris de fortune pour se protéger de la pluie et pour y passer les prochaines nuits.
Des hommes se protégent de la pluie avec des sacs poubelles sur la tête, le long de la route nationale 2, à Tsoundzou 2, Mamoudzou, le mardi 4 février 2025.
Tsoundzou 2, Mamoudzou, Mayotte

Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

No items found.

Pour ces femmes et ces hommes au regard épuisé, pieds nus dans la boue, un sac-poubelle sur la tête pour se protéger de la pluie, préserver un semblant de dignité humaine relève d'un véritable combat. Évacués par les forces de l’ordre le lundi 3 février de l’enceinte du collège de Kwalé, où ils avaient été installés par la préfecture le 20 janvier, ces hommes et ces femmes — pour la plupart demandeurs d’asile — se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes, au bord de la route, à l’entrée de Tsoundzou 2, en pleine saison des pluies. Un traumatisme en plus qui vient s’ajouter à leurs histoires personnelles déjà marquées par l’horreur.

Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

"C'est grave d'être trainé dans la rue"

« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

De temps en temps, trempés jusqu’aux os, ils lèvent les yeux et croisent le regard des automobilistes coincés dans les embouteillages du matin, qui les observent à travers les vitres de leurs véhicules.

« Ce qu’on déplore, c’est la façon dont on traite l’histoire. C’est grave qu’on soit traîné dans la rue », lance Stéphane, lui aussi venu de RDC. À côté de lui, des enfants jouent au football derrière le portail du village-relais « Étape Fuléra » de l’association Coallia, qui a permis, depuis 2021, de reloger des familles vivant dans des cases.

« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

"Les publics vulnérables pris en charge"

« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Des femmes et des hommes installent leurs abris de fortune au bord de la route nationale 2, sous la pluie et dans la boue.

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« Ils nous ont déposés en bus dans un parc près de Passamaïnty sans nous donner plus d’informations », déplore Amissi, 29 ans, venu de la République démocratique du Congo (RDC). « On a passé la nuit ici sous la pluie et c’est difficile de trouver à manger et à boire », ajoute le jeune homme au tee-shirt détrempé.

« On nous a dit : si on trouve une solution, on vient. En attendant, vous êtes dehors. Nous sommes dépassés, leur objectif était de débarrasser le collège, c’est tout », raconte Steve, les yeux plissés après avoir retiré le sac-poubelle de son visage.

Sans aucun renseignement sur les prochains jours, plus de 300 personnes tentent de se préparer à survivre dans ces conditions inhumaines. Installés de façon éparse le long de la route entre Passamainty et Tsoundzou 2, les exilés, en proie aux fortes pluies, essayent de se mettre à l’abri sous des feuilles de bananiers ou des morceaux de tôle récupérés sur la zone de tri des déchets adjacente. La plupart ont pu prendre avec eux un lit de camp pliable du collège de Kwalé, sur lequel ils s’allongent pour tenter de dormir quelques minutes.

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« C’est comme si on n’avait pas les mêmes droits qu’eux ! », continue l’homme, abasourdi par la situation.

Des petits abris en tôle apparaissent le long de la route. Un homme s'abrite comme il peut avec un parapluie.

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« Conformément aux engagements gouvernementaux, le collège de Kwalé, qui n’était pas un centre d’hébergement d’urgence, a été rendu à sa vocation initiale », indique la préfecture que nous avons sollicitée. « Les publics vulnérables : familles, enfants, femmes seules avec enfant(s), se sont vu proposer une solution de prise en charge », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle « regarde au cas par cas » la situation des autres personnes encore dans la rue.

Du côté du collège de Kwalé, le plateau sportif et les gymnases commencent à être nettoyés. Des hommes vêtus de combinaisons blanches et de masques à gaz aspergent de désinfectant des matelas de gymnastique. Les parents d’élèves, présents depuis le 20 janvier devant l’établissement, sont partis.

La rentrée scolaire des 1.600 élèves de l’établissement se fera progressivement : ce mercredi pour les 3ᵉ, jeudi pour les 6ᵉ et 5ᵉ, et enfin vendredi pour les 4ᵉ.

Personne ne sait ce que réserveront les prochains jours. En attendant, ils affrontent la saison des pluies dans l’indifférence de la préfecture.

De retour aux abords de la nationale, un peu à l’écart de la circulation, un jeune homme étend ses habits sur un grillage dans l’espoir de les faire sécher entre deux averses. Il réajuste ensuite la position de son lit sous un abri rafistolé qui laisse passer les gouttes d’eau. Après une première nuit sous la pluie, le garçon commence à savoir dans quelle position il subit le moins les intempéries. Pour lui comme pour les autres, au milieu des arbres morts et de la végétation, les premiers automatismes s’installent. Des gestes qui risquent de devenir leur quotidien.

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Backstage

Naïf et innocent à mes débuts à Mayotte, je suis profondément choqué par la décision de la préfecture de laisser ces personnes dans la rue, au bord de la route. Dès mon arrivée, elles souhaitent me raconter leurs histoires et, surtout, exprimer leur colère face à cette situation.

Face à ce désastre humain, il n’y a qu’une chose à faire : raconter la vérité, photographier, garder des traces de cette gestion catastrophique. Je me dis que c’est le meilleur service que je peux rendre à ces personnes, pour préserver leur dignité, mais aussi au territoire et à son histoire.

Grosse erreur de ma part de penser que cela changerait quoi que ce soit. En discutant avec mes collègues et en relisant des articles publiés plusieurs mois, voire années auparavant, je réalise que ce n’est pas la première fois que cela se produit. Puis revient, sporadiquement, la préfecture par message, sans sembler plus préoccupée que ça.

Je ne le sais pas encore en rentrant chez moi, mais la situation de ces personnes deviendra le fil rouge de mon travail à Mayotte. Avec le même refrain que je répète aux personnes rencontrées, "désolé je ne sais pas ce que la préfecture a prévu, je ne sais pas ce que vous pouvez faire, il faut attendre, bon courage".