À propos
Né à Strasbourg le 15 septembre 1997, j’ai grandi entre le village de Saint-Jean-Saverne et la ville voisine de Saverne, où j’ai effectué la majeure partie de ma scolarité jusqu’au lycée. Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai intégré une licence de droit à l’Université de Strasbourg (2017-2020), avec déjà en tête le projet de me présenter, par la suite, aux concours des écoles de journalisme.
Deux ans plus tard, après une préparation aux concours à l’École W de Lyon et un premier stage de six mois à la rédaction du Progrès, j’ai rejoint l’École de Journalisme et de Communication de Marseille (EJCAM), où j’ai obtenu un master entre 2022 et 2024. Durant ces années, j’ai eu l’opportunité de multiplier les expériences professionnelles : aux Dernières Nouvelles d’Alsace (Molsheim, Obernai, Sélestat – été 2023), à La Croix à Paris (été 2024) et à La Provence à Martigues (été 2024).
En janvier 2025, j’ai rejoint le Journal de Mayotte pour débuter ma carrière de journaliste sur l’archipel.
Naissance d’une vocation
En 2011, à 14 ans, j’observe, avec mes yeux d’adolescent, la population tunisienne, algérienne, marocaine, libyenne ou encore syrienne se soulever pacifiquement lors des Printemps arabes. Ces révolutions, ces quêtes de justice sociale et de liberté me marquent profondément. La non-intervention internationale face à l’usage d’armes chimiques en Syrie, la montée de l’État islamique et les vagues de déplacements de population qui s’ensuivent éveillent en moi un fort intérêt pour la géopolitique, les conflits et les migrations.
Sans le savoir, c’est à ce moment-là que naît mon envie de raconter, de transmettre, de donner la parole.
Au fil des lectures — Le Sacrifice de Palmyre de Leïla Minano ou L’État islamique de Mossoul d’Hélène Sallon — je prends conscience du rôle essentiel du journaliste : être un relais, un témoin au service des populations.
Prendre conscience du monde
En 2019, le cyclone Idai dévaste la ville de Beira au Mozambique. Le Monde titre alors : « La première ville détruite par le dérèglement climatique ». Très peu d’informations circulent dans les jours qui suivent. Ce silence médiatique est un déclic : qui raconte ce que vivent ces personnes ? Qui porte leur voix ? Je comprends alors que le journalisme, au-delà du récit, est un acte de présence, un devoir de témoignage.
À partir de ce moment, l’idée de rejoindre une école de journalisme devient une évidence. Je veux comprendre le monde et le transmettre, non pas depuis un bureau, mais depuis le terrain.
Le regard sur les migrations
Dès mes premiers stages, je m’intéresse particulièrement aux questions migratoires. L’expression « crise migratoire » envahit les médias tandis que l’Europe ferme ses frontières et que les drames en Méditerranée se multiplient. Derrière ces chiffres et ces discours, je découvre des visages : des hommes, des femmes, des familles qui, sous des tentes ou dans des squats, racontent des parcours marqués par le courage, la perte, l’espoir.
Ces rencontres m’apprennent beaucoup sur eux, mais aussi sur nous : sur nos sociétés, nos peurs, nos replis identitaires. À l’inverse du discours politique dominant, je veux raconter ces histoires humaines, souvent invisibles, qui disent l’essentiel.
La guerre en Ukraine vient bouleverser la perception des migrations : l’accueil des réfugiés ukrainiens est massif, solidaire, chaleureux. Je m’en réjouis, mais je constate aussi une différence de traitement médiatique et politique selon l’origine des exilés. Cette observation devient le sujet de mon mémoire de fin d’études : « La représentation des personnes en exil dans la presse quotidienne régionale : le cas de La Provence ».
Journalisme de terrain à Mayotte
Dans la continuité de cet intérêt pour les déplacements de population et les inégalités, je m’intéresse particulièrement à la situation à Mayotte, territoire à la croisée des enjeux migratoires, sociaux et climatiques. Rejoindre le Journal de Mayotte en 2025 me permet de poursuivre ce travail de terrain et de développer la photographie, un autre moyen d’expression essentiel à mes yeux.
Le passage du cyclone Chido en décembre 2014, et les défis qu’il a révélés — logement, éducation, accès à l’eau, santé, identité — illustrent toute la complexité de ce territoire, où les problématiques environnementales et sociales se mêlent étroitement.
Au fil de ces expériences, je réalise combien le métier de journaliste est à la fois essentiel et fragilisé. Dans un monde saturé d’informations, de bruit et de désinformation, il devient d’autant plus nécessaire de se rattacher au terrain, à la parole des gens, à ce qu’ils vivent réellement.
Pour moi, la fonction première de l’information, du journalisme, n’est pas seulement d’expliquer ou de dire “ceci est vrai, ceci est faux”. C’est avant tout de raconter des histoires d'hommes et de femmes, connues ou anonymes pour qu’à travers elles, on comprenne mieux notre monde, les autres, mais aussi nous-mêmes.
Donner la parole, c’est permettre à chacun de témoigner de sa réalité, d’exister dans le récit collectif. Et c’est aussi offrir au lecteur, à l’auditeur, au spectateur, la possibilité de se questionner, de réfléchir, de ressentir.
Le journalisme, tel que je le conçois, ne cherche pas à imposer une vérité, mais à montrer une réalité. Il met en lumière les nuances, les contradictions, les émotions, pour que chacun puisse y trouver sa propre compréhension. C’est dans cet esprit que j’exerce ce métier : raconter pour relier, témoigner pour transmettre, écouter pour comprendre.
Ce site s’inscrit dans cette démarche : défendre un journalisme humain, narratif et sincère, qui donne la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas toujours, et qui permet, par leurs histoires, de mieux saisir le monde dans lequel nous vivons.



